Amitiés

Le réseau social Facebook a mis à la mode le mot « amis ». Cela fait déjà une bonne dizaine d’années environ que j’ai joint Facebook. J’ai vite compris que les amis sur Facebook sont parfois simplement des relations que nous avons, le moindrement que nous sommes insérés dans le monde. C’est quand j’ai vu de parfaits inconnus solliciter mon amitié sur Facebook que j’ai compris qu’il y a une assez grande distance entre les véritables amis et ceux que l’on nomme ainsi sur le réseau social.

Beaucoup de personnes en grandissant quittent le milieu où ils sont nés et ont grandi. C’est particulièrement vrai des religieux. Il est bien rare que l’on vive toute sa vie près du milieu où on est né. En tous cas, c’est mon cas. De toutes les camaraderies que j’ai connu dans mon enfance, il ne m’est rien resté. De toutes les amitiés et camaraderies que j’ai eu dans mon adolescence au séminaire de Sherbrooke, école secondaire privée que j’ai fréquentée, rien ne m’est restée. Quant on revoit son « meilleur ami » d’adolescence 25 ans plus tard, comme cela m’était arrivé, c’est comme saluer un étranger car l’ami en question m’avait à peine reconnu. Il faut entretenir un peu les relations sinon après un certain nombre d’années, elles disparaissent. De soi.

Lorsqu’on est religieux, on est célibataire. Pour les célibataires, je crois, les amitiés prennent une importance ou une répercussion que ne ressentent pas nécessairement, je crois, les personnes mariées.

Je me souviens de mon père qui m’avait dit lorsque j’avais trente ans environ, qu’il n’avait pas eu d’amitié suivie à cause des obligations que cela créait. Je me souviens vaguement des mots qu’il avait dits, mais ça revenait au fait qu’avoir son épouse, sa famille et le travail qui remplissait ses journées lui suffisait amplement. Comme je l’ai déjà noté dans un autre blog, le téléphone pour lui était un objet essentiellement utilitaire et ce n’est pas lui qui se serait mis au téléphone pour se désennuyer.

Évidemment, mon père n’est pas l’échantillon unique des personnes mariées. Mon père correspond sans doute à un bon pourcentage de ces personnes. Certaines personnes mariées par contre, ont des amis(es) et apprécient le fait d’en avoir. Je connais bien des exemples de ceci.

J’ai acheté un petit livre fort intéressant et agréable de lecture « petite méditation sur le mystère de l’amitié. » par Anselme Grün, publié chez Albin Michel.

Qu’est-ce qui fait que l’on se sent bien avec une personne plutôt qu’une autre? jusqu’où on peut aller dans la confiance réciproque? etc

janvier 28, 2019